Des coefficients ponctuels aux distributions
Dans le module Regression Lineaire, le modele $y = a \cdot x + b$ produit UNE pente $a$
et UN intercept $b$: les valeurs qui minimisent l'erreur quadratique (moindres carres, OLS).
Question genante: avec seulement quelques dizaines de ventes immobilieres, a quel point
peut-on faire confiance a ces deux nombres ? Une pente de 3500 EUR/m2 estimee sur 20 ventes
n'a pas la meme solidite qu'estimee sur 20000 ventes. L'OLS ne repond pas: il rend les memes
nombres, sans indication de fiabilite.
La reponse bayesienne: traiter les coefficients comme des variables aleatoires.
- Prior sur les coefficients: $w \sim \mathcal{N}(0, \tau^2)$
("les coefficients sont probablement modestes")
- Vraisemblance gaussienne: $y \mid x, w \sim \mathcal{N}(w^\top x, \sigma^2)$
(le bruit d'observation)
- Posterior: une distribution complete sur les coefficients, calculable EXACTEMENT
(conjugaison gaussienne, comme la Beta-Binomiale du module precedent)
Le scoop de ce module: vous faisiez deja du bayesien sans le savoir.
La regression Ridge (penalite L2) du monde sklearn s'ecrit:
$$\hat{w}_{ridge} = \arg\min_w \; \|y - Xw\|^2 + \alpha \|w\|^2$$
On demontrera que c'est EXACTEMENT le maximum du posterior (MAP) avec un prior gaussien,
avec la correspondance $\alpha = \sigma^2 / \tau^2$:
- prior large ($\tau$ grand) $\Leftrightarrow$ $\alpha$ petit $\Leftrightarrow$ peu de regularisation
- prior serre ($\tau$ petit) $\Leftrightarrow$ $\alpha$ grand $\Leftrightarrow$ forte regularisation
La regularisation n'est pas une astuce d'ingenieur: c'est un prior qui dit son nom.